30 mars 2020

Renaissance

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Il est des produits qui ont des destins extraordinaires. Prenez le baby-foot. Popularisé dans les années 60 par les cafés qui le virent comme un moyen d’attirer une clientèle de jeunes amateurs de bières et de cigarettes, il en fut ensuite chassé par les flippers et autres jeux d’arcade. Il trouva alors refuge dans les MJC et les centres de colonies de vacances où il incarnait le jeu à pratiquer collectivement les jours de pluie, avant de connaître une longue période de traversée du désert durant laquelle plus personne ne lui accordait d’attention. Il était devenu ringard et le nombre de cafés s’étant, entre temps, divisé par six, son avenir paraissait sans espoir.

Au début du siècle, miracle de la post modernité, le voici qui réapparait dans le lobby du premier hôtel Mama Shelter, puis s’installe dans toutes les start-ups qui veulent ressembler à des start-ups -, où il devient mieux qu’un incontournable : un symbole de coolitude, au même titre qu’un coussin de sol ou une cible de fléchettes que l’on croyait pourtant installée pour toujours en Angleterre.

Les plus fins observateurs ne manqueront pas de souligner que le retour sur le devant de la scène du baby-foot n’est pas totalement étranger à la vague vintage qui souffle actuellement. Ils n’auront pas tort. Le baby, comme les jeux d’arcade et même, dans une moindre mesure, les jeux de cartes, sont aujourd’hui des aspirateurs à souvenirs pour les Millenials. Jouer au baby-foot c’est renouer avec le garage de papy dans lequel on jouait « quand on était petit ». Bien qu’encore jeune, le Millenial a le même penchant que les seniors pour les souvenirs.

Le baby-foot est aussi très apprécié de leurs parents qui, à en croire les chiffres, seraient de plus en plus désireux d’en posséder un à domicile où il viendra se substituer à la table de billard, d’une autre époque, et compléter l’écran et les projecteurs de home cinéma. N’oublions pas, enfin, de mentionner le rôle des DRH dans cette résurrection qui voit le baby-foot comme outil de team building. Il existe même des compétitions de baby-foot inter entreprises avec des figurines personnalisées et, parfois, réinterprétées. C’est dire.

Un baby-foot a une durée de vie de 50 ans. Deux générations peuvent donc s’y retrouver. Voilà pourquoi il n’a jamais été oublié…

So What ?

Aucun produit ne disparaît jamais de son marché. Surtout quand les réseaux sociaux jouent le rôle d’activateurs de souvenirs. Les marques de mode l’ont bien compris. Qu’attendent les autres ?