25 mai 2026

Le temps du goûter

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Alors que La Croissanterie, pour ses 50 ans, décline ses croissants en mode gourmand (Nutella, fruits rouges, pistache, spéculoos, noisette) et invente le Bar à croissants, en format pop-up, permettant d’en choisir le fourrage, le nappage et le topping, l’enseigne Burger King lance, elle, ses Baby Churros. Dorés, croustillants à l’extérieur et fondants à l’intérieur, ils sont généreusement nappés de Nutella ou de Lotus Biscoff et à partager, puisque proposés en 6, 12 ou 20 pièces. L’objectif poursuivi dans les deux cas est le même : étoffer leur offre de desserts, certes, mais surtout leur permettre de s’installer dans le désormais très convoité moment du goûter. 

Par les boulangeries, tout d’abord qui, après avoir fait une OPA sur les déjeuners se verraient bien en salons de thés. Un objectif facile à atteindre pour elles. Mais aussi par les coffee shops, déjà en quête de nouveaux relais de croissance face à l’intensification de la concurrence. Pourquoi ne proposeraient-ils que des parts de cakes alors qu’ils pourraient être parfaitement légitimes pour réinventer les salons de thé, en leur apportant la modernité esthétique qui leur fait souvent défaut ? Pas un « tea time » mais un « moment café » ou un « dessert bar » pour l’après-midi voire, pourquoi pas, pour le soir, après le dîner, pour attirer tous ceux et celles qui ont envie de sortir sans vouloir forcément boire une bière ou un cocktail. Potentiellement le chapitre 2 de l’histoire des coffee shops. 

Tous les acteurs de l’hospitalité réfléchissent également à la manière d’occuper le terrain de l’après-midi. Certains disposent de lieux spectaculaires dont ils pourraient prolonger la mise en vie après le petit-déjeuner et le dîner, d’autres, d’espaces de coworking toujours en quête de nouvelles propositions de pauses. 

Il faut dire que le goûter cumule les avantages. Il permet à chacun de s’offrir une parenthèse de plaisir et de partage compatible avec l’attentisme budgétaire du moment et il s’adresse à un public large potentiellement séduit par une consommation transgénérationnelle. Il est la confirmation de la déstructuration progressive des repas autant que de l’évolution de la restauration qui doit, désormais, savoir répondre à tous les moments de journée. 

Il fut un temps où Mc Do avait pris tout le monde de court en proposant des petits déjeuners pour le moins inattendus dans les temples du burger. Voici venu le temps du goûter. 

So What ?

Brunchs, apéros ou coffee-shops, ce sont les offres qui, désormais, créent les moments de consommation. Et leur succès est autant affaire d’ambiance (musique, lumière, déco) que de produit…