Merci, la Mecque parisienne de la branchitude a récemment ouvert un nouveau lieu nommé Au Vieux Campeur-Congés Payés, dans lequel est proposée une sélection de produits lifestyle mixant l’authenticité, la technicité et l’esprit camping de la célèbre enseigne du cinquième arrondissement (née en 1941), à l’imaginaire prolo-rétro-joyeux des congés payés, qui fêtent cette année leurs quatre-vingt-dix ans.
On y trouve des vêtements solides, pratiques et confortables, indispensables à la vie en plein air ainsi que des accessoires attendus, des plus utiles aux plus anecdotiques : plaids, sacs à dos, casquettes en passant par des pin’s, porte-clés, thermomètres-boussoles, allumettes et stylos-billes. Des cachous (2 euros) ainsi qu’un sablé Poilane fourré chocolat (5 euros) sont même proposés, indispensables pour tous ceux qui voudraient partir en randonnée au-delà du troisième arrondissement.
Un tel rapprochement entre deux enseignes, a priori éloignées, ne doit rien au hasard. Il est la confirmation qu’il flotte bien, actuellement, dans l’air du temps un parfum de nostalgie qui nous promet de renouer facilement, non avec une époque que nous aurions connue (qui, aujourd’hui a connu les sensations des premiers congés payés ?) mais avec l’idée que nous nous en faisons pour mieux vivre notre époque et compenser ses incomplétudes.
Ici, c’est le succès des bouillons et des bistrots avec leurs œufs-mayonnaise et leur blanquette de veau comme idée d’une cuisine de toujours généreuse et simples aux antipodes de celle mondialisée et fusionnée. Là, c’est l’engouement pour les rééditions de R5, R4 et Fiat 500 aux formes régressives et aux couleurs toniques comme idée d’une époque joyeuse et créative. Ce sont aussi les vêtements vintage fabriqués localement, les voyages à petite vitesse et les photos analogiques à grain qui véhiculent la perspective qu’une autre forme de consommation est possible.
L’univers associé au Vieux Campeur-Congés Payés parait ainsi hautement désirable. Il nous fait miroiter une vie allégée et au grand air, fraternelle et sportive comme réponse aux excès de matérialité de la vie moderne, à la solitude et au culte de la performance engendrés par les réseaux. Un bonheur décroissant à un tour de roue de Dacia Pack Sleep ou de VW ID Buzz. Les expériences à vivre ne sont pas seulement celles proposées par les enseignes.
So What ?
Parmi les imaginaires recherchés par les marques, ceux évocateurs d’une autre époque semblent plus désirables que jamais, preuves d’une insatisfaction du moment actuel et d’une quête de modèles inspirants.
