5 novembre 2018

Consogaming

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Jeudi 25 octobre, à 10h précises, alors que chacun réfléchissait à sa future tenue d’Halloween, les fans de sneakers avaient, eux aussi, leur rendez-vous. Sur le site de Kenzo à l’occasion de la mise en vente de la nouvelle Sonic Sneakers. Evidemment en série limitée ultra exclusive. Sinon, à quoi bon ? Pour marquer l’événement à sa juste mesure, la marque avait imaginé un e-shop un peu singulier, habilement baptisé Shopping League, où, pour une fois, il ne suffisait pas d’être le premier pour pouvoir accéder à son rêve (en étant, de toutes façons, battu d’avance par des e-bots, toujours plus réactifs…) ou de subir un tirage au sort afin de récupérer un numéro gagnant.

Non, cette fois-ci, il allait falloir se battre. Pas comme dans un duty-free d’aéroport, mais avec ses neurones et son agilité. Comme dans un vrai jeu vidéo. De quoi décourager bon nombre de candidats à la sneaker. Voilà donc un site, fut-il éphémère, qui réinvente les règles du e-commerce en s’inspirant du monde du gaming : un nombre de joueurs limité, chacune de leurs actions visible en temps réel et des « shopping gamers » qui cliquent sur un produit au même moment et doivent s’affronter lors d’une battle pour déterminer qui repart avec l’une des cent paires exclusives. Une expérience de marque inédite qui pourrait inspirer le commerce, qu’il appartienne au monde réel ou virtuel.

Le commerce n’est-il pas toujours en quête d’expériences inédites ? Les consommateurs n’entretiennent-ils pas, parfois, des relations passionnées avec les marques dont ils se sentent proches ? Un état pas très éloigné de celui des supporters sportifs. Et les plus jeunes d’entre eux ne sont-ils pas habitués aux battles et challenges en tous genres sur les réseaux sociaux ? Enfin, les marques ne se rêvent-elles pas toutes en clubs fédérant des passionnés avec lesquels elles peuvent imaginer plein de beaux événements naturellement ciblés ?

On oppose fréquemment le monde réel au monde virtuel, mais oppose-t-on aussi souvent le ludique au « normal » ? Et si le ludique devenait le nouveau normal d’une distribution qui a parfois du mal à attiser le désir ? Après tout, on a bien accepté les blagounettes de Michel et Augustin, de Bagelstein et de Monoprix. Alors pourquoi ne pas pousser le bouchon (un peu) plus loin ?

So What ?

Faire du commerce un terrain de jeu, c’est rétablir l’esprit de découverte chez les consommateurs et activer chez eux le plaisir d’acheter quelque chose que tout le monde n’aura pas…