Entre l’envolée du prix des carburants, et donc des billets d’avion, les tensions budgétaires qui traversent actuellement les foyers et la montée des températures, c’est peu dire que le tourisme est en pleine reconstruction. Deux tendances émergentes sont déjà à relever. Toutes les deux portent un nom à consonance anglo-saxonne, ce qui contribue à les faire exister plus fortement.
La première se nomme Coolcation, fruit du rapprochement de Cool et de Vacation. Elle désigne la quête, nouvelle, de destinations tempérées, motivée par le désir d’échapper à la canicule (et donc aux plages bondées et aux terrasses inaccessibles) autant que par l’idée de passer un moment dans un environnement préservé. Elle s’exprime par un engouement pour des régions qui n’étaient pas, jusqu’à présent, regardées comme de véritables destinations de vacances : la Normandie, la Manche, la Côte d’Albâtre, les Vosges, le Massif Central qui deviennent aujourd’hui des lieux de villégiature envisageables grâce à leurs températures plus clémentes et à une nature préservée. Quand il ne s’agit pas de la Suède puisque la presse nous apprend que les réservations vers ce pays, au départ de la France, ont augmenté de plus de 50% en 2025. Les températures comme critère de choix. Il fut un temps où partir en vacances signifiait « partir dans le midi »…
La seconde tendance, également à consonance anglo-saxonne, se nomme Lux-scaping. Elle consiste à ne s’offrir qu’une nuit (généralement à la fin de ses vacances), un repas voire un moment (un spa, un cocktail, un goûter) dans un hôtel prestigieux. Un fumet de luxe. Une expérience singulière capable de produire du souvenir, de quoi nourrir les réseaux et donc son ego. Elle concerne surtout les plus jeunes consommateurs (forcément), plutôt décomplexés vis-à-vis des établissements de luxe. Selon une étude menée par le groupe Mariott International, 46% des Français déclarent avoir déjà expérimenté le Lux-scaping., chiffre qui grimpe à 69 % chez les moins de trente ans.
Les deux phénomènes, encore marginaux, ne racontent-ils pas, finalement, un même désir d’ailleurs ? Un ailleurs rassurant et apaisant dans un cas, un ailleurs de rupture et d’exception dans l’autre. Pour échapper, même un court instant, à ce que vivent les autres, se donner la sensation d’avoir repris sa vie en main et de s’être ainsi affirmé. Comme une manière de se souvenir que la vie est autant affaire de ressenti que de réalité.
So What ?
Coolcation ou Lux-scaping, et si vous profitiez de vos vacances pour tenter une de ces ultimes tendances ? Retour du Billet le 24 août. Bonnes vacances !
