Entre la détox post-fêtes, le Dry January et le Veganuary, le mois de janvier n’est pas seulement le mois des bonnes résolutions, il est aussi l’occasion de goûter certains produits que l’on n’oserait imaginer mettre dans son assiette le reste de l’année.
Après la pâtisserie sans sucre, le pain sans gluten, le vin sans alcool, pourquoi pas le fromage végétal, ultime épisode de la transformation alimentaire progressive de notre pays ? Le camembert sans lait animal commence à faire parler de lui et à être recherché par ceux qui ont décidé de ne plus manger de fromage par choix éthique, écologique ou pour des raisons de santé. Selon les experts, le secteur du fromage végétal est même appelé à connaître une forte croissance et se structure déjà en fermentés, non fermentés et affinés. Des marques artisanales, françaises et bio, sont aujourd’hui présentes sur le marché (Violife, Jay & Joy…) et des ouvrages pour réaliser soi-même ces fromages à partir de laits d’amande, de noix de cajou ou de soja ont fait leur apparition sur les tables des librairies. La raclette végane sera-t-elle le « hit-plat » de 2028 ?
Plus qu’un désir de conversion, sans doute trop radical, ces bonnes résolutions de rentrée (septembre et janvier comme pics de « personal reset ») viennent d’abord nous révéler une envie d’expérimenter, de découvrir, de faire une pause dans ses habitudes en s’aventurant sur de nouveaux territoires avec la perspective de se transformer et, peut-être, réussir à devenir un autre. Qui sait ? Un signe de vitalité consommatoire contre-intuitif en cette période marquée par une morosité.
Elles nous confirment aussi la place prise par les rites dans la vie des consommateurs. Le rite vient enrichir tout acte, qu’il s’agisse de croyances, de méditations comme de pratiques sportives ou de consommation. Il fait apparaître le temps, l’épaissit, le structure, favorise la prise de conscience et l’attention portée aux gestes. Un moment psychologique inédit qui créé de l’attachement dont toutes les marques pourraient profiter pour renouveler leurs discours.
Dans le monde de la cosmétique, le rite se nomme routine et a été vite adopté par les nouvelles générations qui y voient un espace de respiration salutaire dans le flux incessant des réseaux. Dans le monde alimentaire, le rite touche surtout le petit-déjeuner et permet de réussir son entrée dans la journée. Pourquoi resterait-il limité à ce moment ?