7 septembre 2026

Touristification

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On ne présente plus la figure du touriste désormais installée dans le paysage de toutes les grandes villes. Elle est facilement identifiable avec ses lunettes noires griffées, son smartphone dégainé en permanence et une manière de s’habiller jamais juste, soit trop, soit trop peu. 

A Paris, elle a commencé à apparaître à la fin de la crise sanitaire, moment de libération pour tous et de revanche consommatoire pour certains. Elle s’est ensuite amplifiée durant les JO de 2024 pour finir par s’imposer dans le quotidien de certains quartiers parisiens. Les magasins de luxe aux promesses d’expériences inoubliables, les restaurants proposant des brunchs à toute heure ou surjouant les codes des brasseries traditionnelles, les coffee shops minimalistes ainsi que toutes les expositions immersives décrivent les nouvelles trajectoires touristiques

Si les villes ont rapidement compris la nécessité d’adapter leurs offres à ces nouvelles attentes, les marques se sont longtemps contentées d’attendre les touristes, convaincues que leurs produits suffisaient pour les attirer. Nos régions ont du talent, certes, mais il serait dommage de ne compter que sur elles. Place à l’imagination. 

Picard ouvre ainsi magistralement la voie à un marketing aussi inédit que pertinent, mi-patriotique, mi-touristique, et aussi un peu kitsch. D’abord avec une offre de macarons bleu-blanc-rouge opportunément apparue autour du 14 juillet, puis avec une Tour Eiffel en mousse au chocolat accompagnée d’un Arc de Triomphe à la mousse vanillée, tous deux garnis d’un cœur de fruits rouges et d’un praliné croustillant. Il fallait y penser. Des desserts symboliques et commémoratifs, capables de séduire tous les amoureux de la France, d’ailleurs mais aussi, pourquoi pas, d’ici. Le Made in France n’est pas la seule manière de défendre les valeurs hexagonales. 

Côté mode, Etam vient de lancer une collection de vêtements et d’accessoires inspirée des couleurs de l’emblématique café parisien Les Deux Magots. Un vestiaire chic et décontracté pour « célébrer l’art de vivre parisien ». Côté déco, c’est le succès de toutes ces bougies imaginées aux senteurs d’un parc, d’une place ou d’un quartier parisien(Diptyque, Kerzon…) autant destinées à nos salons qu’aux valises sans frontières.

Depuis le temps que l’on dit que la consommation doit laisser un souvenir, la voilà devenue un possible souvenir.

So What ?

Décalées et clins d’œil tout en restant accessibles, les offres « touristifiées » viennent renouveler la traditionnelle fierté du Made in ici. De quoi faire sourire, créer du lien et activer l’envie de consommer.