Après les burgers, les kebabs, les sushis, les tacos à la française et les poke bowls, la tendance junk food est aujourd’hui drivée par le Crousty, aussi orthographié Krousty : du poulet panko (pané avec une chapelure japonaise plus épaisse pour la croustillance et mieux accrocher la sauce) posé sur du riz, le tout nappé d’une sauce forcément secrète. Sinon, qu’aurait à raconter la Gen Z sur les réseaux, cible évidemment prioritaire ? Le tout proposé à un excellent rapport qualité-prix-satiété.
Après le crousti fondant, place au crousti mou, ultime expression de la comfort food célébrant le mariage du mou et du calorique. Deux chaînes s’affrontent sur ce nouveau terrain. A ma droite, : Krousty Sabaïdi née dans la banlieue de Bordeaux, initialement spécialisée dans la nourriture asiatique, qui revendique la paternité du crousty et compte aujourd’hui une vingtaine d’établissements en France. A ma gauche, Tasty Crousty présent à Paris (deux adresses), en Île-de-France ainsi qu’à Lyon et à Grenoble et qui aimerait bien, elle aussi, profiter de l’engouement. Les deux enseignes comptent chacune près de 100 000 abonnés sur Instagram et TikTok et font des millions de vues avec leurs vidéos.
Un succès qui a forcément réveillé l’appétit des géants de la restauration rapide, parmi lesquels KFC France qui vient de lancer une campagne en l’honneur de ses Crousty Tenders. L’occasion pour l’enseigne de suggérer, pour la première fois, une dégustation à la cuillère…
Que vient nous dire ce crousty success ? Que la Gen Z est toujours sensible à une proposition présentée comme générationnelle comme le furent, en leur temps, les burgers et les kebabs, nés dans la rue avant de finir sur les tables des restaurants. L’attrait de ces propositions n’est-il pas décuplé si un influenceur s’en mêle ? Que les recettes qui ont le plus de succès sont toujours celles qui savent habilement combiner le connu et l’inconnu pour produire une sensation inédite. Le connu pour oser, l’inconnu pour avoir quelque chose à raconter. Avec le crousty, rien que de l’archi connu : du poulet et du riz (et non des frites…) mais associés à une chapelure panko, porteuse d’un imaginaire régressif et réconfortant twisté par une touche asiatique, et à une sauce mystérieuse capable de produire de l’étonnement.
Un nom comme promesse sensorielle et une sauce comme déclencheur d’envie : la recette d’une viralité réussie. Pas sûr cependant que le crousty finisse un jour sur une table de restaurant.
So What ?
Une texture, une couleur, une sauce… dans les assiettes, ce sont davantage les sensations que les ingrédients qui créent l’excitation de la nouveauté sur les réseaux…
